Albert LEMAITRE - (1886 - 1975)
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Bibliographie relevée dans
l’ouvrage « Chefs d’oeuvre des musées de Liège » - Fondation de l’hermitage à Lausanne.
Albert LEMAITRE, fils d’un directeur d’école, naît à LIEGE le 1er août 1886. A l’académie des Beaux Arts de sa ville natale, il suit les cours de dessin d’Adrien de Witte. Evariste CARPENTIER, qui fut professeur, puis directeur de l’Académie de Liège, lui enseigne la peinture. Et, l’on peut considérer que ce professeur à la technique vigoureuse, au désir de « faire lumineux et clair », a orienté son élève vers l’observation des variations de l’atmosphère et de la lumière.
CARPENTIER introduit à LIEGE le luminisme et l’impressionnisme. Albert LEMAITRE retient la leçon.
On le trouve ensuite à PARIS de 1904 à 1906 où il fréquente l’Ecole des Beaux Arts de l’Académie Julian pour travailler le nu intégral, alors inconnu à LIEGE.
De ce séjour naît une amitié profonde avec Georges DUHAMEL et Charles VILDRAC. Dès 1908, Albert LEMAITRE se tourne vers les eaux et les cieux méditerranéens. A VENISE succède l’ESPAGNE (1910), la Côte d’Azur (1914) et la YOUGOSLAVIE (1922). Sa période Italienne est la plus féconde.
Si le Brabant Wallon et l’Ardenne ne sont pas absents de son oeuvre, ses terres d’élection sont ailleurs, là où il y a le soleil, des couleurs franches, des reflets intenses, et surtout, pour les capter, des plans d’eau miroitants. Ses premières expositions personnelles sont organisées en 1912 et 1913 par l’ Oeuvre des artistes de LIEGE. Son talent est consacré par le prix Donnay et le prix de la ville de LIEGE.
Les voyages se succèdent. La Hollande et la Bretagne aux grands ciels lavés, s’ajoutent aux terres ensoleillées.
Il épousera Marie Léonie VREBOSCH le 8 juillet 1920 à la mairie de VINCENNES dont il divorcera plus tard. Il décédera non remarié et sans descendance.
De 1937 à 1952, il est nommé professeur de peinture à l’académie royale des Beaux Arts de Liège où il crée le cours de paysage.
« Que LEMAITRE se soit aussi complètement voué au paysage ne doit pas nous étonner. Il est venu à l’art au moment où le message impressionniste, un peu tardivement, atteignait la Wallonie et suscitait sa renaissance. Ce fut dès lors un de ses tenants les plus fidèles et il en adoptera toutes les pratiques. Pleinairiste intégral et intransigeant qui trimballait ses grands formats (sur le motif ), l’étude de la lumière et de ses aventures parmi les choses, lui fut un aliment suffisant... Il n’eut que des soucis de facture et de métier, il ne connut d’autre besoin que d’exprimer sans ombre et par la seule lumière, le rêve de beauté formelle qui l’habitait exclusivement », commente l’ancien conservateur des Musées de Liège, Jules BOSMANT.
Il crée avec son ami, le graveur Georges COMHAIRE, le groupe « Pointes et brosses ». Outre ses expositions personnelles, il participe à de nombreuses manifestations à l’étranger: Amsterdam, Londres, Barcelone et en Pologne.
Il s’éteint dans sa propriété du château de MILHARS dans le TARN le 4 mai 1975. Il avait acquis cette propriété en septembre 1947 aux écrivains Charles et Claire GENIAUX.
Commentaires sur la toile exposée : « Venise, vue de
l’Abbazia Deserto »
1912
Albert LEMAITRE est surtout le peintre de Venise, de ses gondoles, et de ses ponts légers, souligne Jules BOSMANT, l’ancien conservateur des Musées de Liège, et surtout de ses canaux qui clapotent et balancent les reflets des maisons jaunes, des arches rouges et des ciels profondément bleus. Pour ce luministe intégral, enflammer la crête des vagues, illuminer une eau qui divise les rayons, incendier l’atmosphère et les grands bâtiments clairs sont jeux royaux et incomparables. En outre, comme cet artiste adroit pratique à merveille l’art de mettre en cadre, comme il construit solidement et vise nettement au tableau, ses oeuvres ensoleillées conquièrent aisément à leur optimiste et rayonnante vision. »
Jean Pierre ROUGE, Conservateur adjoint au musée d’Art Moderne dit aussi :
« Le liégeois Albert LEMAITRE, est un des derniers tenants de l’Impressionnisme en Belgique. Ses paysages, d’une luminosité extraordinaire, témoignent de la persistance du succès de ce genre de peinture dans le public belge. »