Famille de CAZILLAC
Armes : d’or à deux lions (ou
lionceaux) rampants de gueule à bordure
de sinople chargée de huit besants d’or.

Vers l’an 800, CAZILLAC est
le chef lieu d’une vicairie ( sorte de subdivision du
Comté) qui occupait toute la partie Nord de la Dordogne en Quercy depuis Tauriac à l’Est jusqu’à Souillac à l’Ouest. Cela correspond
aux actuels cantons de Souillac et Vayrac.
Cette vicairie servait de
frontière avec celles du Limousin. Au sud de la Dordogne, la vicairie d’Alvignac lui faisait face.
Vers 900 – 930
l’affaiblissement du pouvoir Carolingien transforme les vicaires qui n’étaient
que les lieutenants des comtes, en vicomtes et qui vont rendre leur pouvoir
héréditaire.
Le premier comte de Quercy
et de l’Albigeois identifié est IMMON vers 767 mis en place par Pépin le Bref.
Vers 823, son successeur est
le comte du Quercy, RAOUL (+ 842) et sa femme Aîga
(+856) qui eurent 6 enfants et résident à SARRAZAC où ils ont un domaine avec
monastère. Raoul veut qu’on l’y enterre. Ils ont un domaine à CONDAT. Parmi ces
six enfants, Raoul (+866) archevêque de Bourges fondateur de l’abbaye
bénédictine de BEAULIEU en Dordogne et Godefroy I qui continue la lignée des
comtes de Quercy. Les castrum de TURENNE et CAZILLAC sont alors bien identifiés.
Vers 870, le titre de comte de Quercy apparaît ensuite chez BERNARD II dit le Veau, fils de RAIMOND I, Comte de Toulouse. Le titre de comte de Quercy rentre désormais dans la lignée des Comtes de Toulouse.
Trois chartes latines de
l’abbaye de Tulle de 941, 944 et 945 mentionnent qu’il existait bien un lieu
nommé Exellodunum dans la vicairie de CAZILLAC. Si l’on peut admettre que Puy d’Issolud à une dizaine de kilomètres de Cazillac
était bien Exolludunum, il n’est nullement écrit dans
ces chartes que Puy d’Issolud fût Uxellodunum.
Vers 980 apparaissent les
vicomtes qui sont installés à TURENNE et qui sont à l’origine des 3 familles de
vicomtes du Bas Limousin, les COMBORN, les TURENNE et les VENTADOUR.
Au X ème siècle, BERNARD apparaît dans le Haut Quercy en tant que vicomte et comme auxiliaire du pouvoir comtal détenu par le comte de POITIERS. BERNARD se lie à la famille de QUERCY-TURENNE et sa descendance à celle de COMBORN.
Ce sont sans doute les
TURENNE qui installent à CAZILLAC une famille appelée BERNARD qu’on retrouve
aussi à Malemort, à Tulle, à Turenne et à Martel.
La seigneurie de CAZILLAC
comprenait les paroisses de PAUNAC, SARRAZAC, CONDAT, CAVANHAC, STRENQUELS,
LASVAUX, AYNAC, FLOIRAC et BEYSSAC en HAUT QUERCY.
( Sénéchaussée de
MARTEL, Parlement de Guyenne et aujourd’hui département de la CORREZE)
Les seigneurs de cette maison ont constamment porté
le nom de leur terre car cette seigneurie ou viguerie avait titre et rang dès
le Xème siècle puisqu’elle figure dans les chartes du
Comte de Quercy, Raoul, de l’an 923 à 936.
Le seigneur le plus ancien est Frotard, comte de
CAHORS.
Le château de CAZILLAC était primitivement un fief
des évêques de CAHORS. Ces évêques le cédèrent au XII° siècle aux vicomtes de CALVIGNAC. Un peu plus tard, les membres de cette famille
le vendirent au vicomte de TURENNE à l’insu de l’évêque de CAHORS ; l’affaire s’arrangea et
l’évêque de CAHORS reconnut pour nouveau vassal le vicomte de TURENNE qui en
1190, alla trouver avec son fils BOSON pour lui faire hommage dans l’église de
ROCAMADOUR.
Les seigneurs de CAZILLAC ont toujours rendu hommage
aux vicomtes de TURENNE et leur territoire ( fief
franc et libre) était totalement enclavé dans la vicomté.
Plus tard, CAZILLAC sera vendue le 3 mars 1689 au
vicomte de TURENNE Raymond VI.
La seigneurie devient baronnie de CAZILLAC,
confirmée en 1465. Elle fut toujours dans la mouvance de la couronne et
jouissait du droit de haute, moyenne et basse justice. Cette seigneurie était
en charge de porter ombrage aux vicomtes de TURENNE. A tel point qu’en 1411, le
vicomte de TURENNE demanda au Roi de France CHARLES VI la démolition du
château.
Les barons de CAZILLAC, relevant de la couronne,
étaient aussi indépendants vis à vis des vicomtes de TURENNE, que ceux-ci
restèrent indépendants du royaume de France jusqu’à la vente de la vicomté au
Roi Louis XV le 8 mai 1738. Son territoire était estimé à 80 km sur 50 km avec
18 000 feux ou 80 000 habitants. Aussitôt après l’acquisition royale, le
château de CAZILLAC fut démantelé ; des ouvriers venus depuis SARLAT,
furent chargés de détruire tous vestiges seigneuriaux. Aujourd’hui, il ne reste
plus qu’un donjon isolé, que le temps et les habitants ont essayé de faire
disparaître. C’est en 1954, année mariale, que cette tour retrouva un peu de sa
célébrité par l’élévation de la statue de NOTRE DAME DE GRAND POUVOIR.
Après l’acquisition royale de 1738, la baronnie de
CAZILLAC fut cédée le 02 mai 1748 avec toutes ses dépendances à Jean-Baptiste
SAHUGUET d’AMARZIT, seigneur d’ESPAGNAC ,
brigadier des armées du Roi et son lieutenant général au gouvernement
d’ISSOUDUN. Les héritiers le vendirent à leur tour le 24 décembre 1784 à
Messire François, comte de MARQUEYSSAC, chevalier, seigneur de CROZE qui en
conserva la concession et privilèges jusqu’à la Révolution.
Situation de la Baronnie de CAZILLAC dans la
Sénéchaussée de MARTEL, du ressort du Parlement de BORDEAUX, de la Généralité
de MONTAUBAN et dont le siège de l’Assemblée provinciale de Haute Guyenne était
à VILLEFRANCHE de ROUERGUE. lors des états généraux de
1789 :
-
CAZILLAC : Seigneur, M. de MARQEYSSAC de
CROZE ; 142 feux ; 793 habitants
-
LASVAUX : Seigneur, M. le Marquis de
CAZILLAC ; 63 feux ; 309 habitants
-
PAUNAC : Seigneur, M. de MARQUEYSSAC ; 20
feux ; 85 habitants
-
STRENQUELS : Seigneur, M. de MARQEYSSAC ;
78 feux ; 372 habitants
-
SARRAZAC et Hôpital St JEAN : Seigneur, M. de
MARQUEYSSAC ; 200 feux ; 1100 habitants
-
BEYSSAC : 88 feux ; 465 habitants
- CAVAGNAC : Seigneurs, M. de GUISCARD, M. de la Ramade,
M. d’Ulmet de la Tour : 120 feux ; 551 habitants
-
CONDAT : 82 feux ; 375 habitants
-
La famille de CAZILLAC va connaître une descendance
mâle de 1142 à 1665.
Le premier représentant fut Pierre Bernard I et le
dernier François II de CAZILLAC-CESSAC, Marquis de MILHARS.
Le château de CAZILLAC fut pris par les Anglais en
1390 puis recouvré par les partisans du roi de France pendant la guerre de Cent
Ans. La tour de Cazillac fut occupée par Faydit, seigneur de Tersac, lors
d’un siège par les Anglais. Il est dit
être « avec sa femme et son fils… ». On dit que plusieurs jours de suite des gens de Turenne et de
Martel s’approchant de la tour lui criaient l’arrivée de secours. La forteresse
convoitée à plusieurs reprises par les
Anglais qui causaient des dommages aux récoltes et agressaient les populations,
dut être démolie sur l’ordre du vicomte de TURENNE ; mais l’ordre n’avait pas
été exécuté en 1411.
Bernard de CAZILLAC, résidait alors dans l’Albigeois
( NOAILLES) et entreprenait l’accession à l’évêché du
diocèse d’Albi. C’est lui qui avait promis de se charger de la démolition de la
forteresse ; il n’en eut pas le temps car les Anglais la reprirent une
troisième et dernière fois. Le château sera démoli en 1413.
Mais intéressons-nous à Bernard de CAZILLAC.
Bernard de CAZILLAC, deuxième fils de Bernard II, baron de CAZILLAC, seigneur de NOAILLES et d’ALAYRAC, licencié es décrets, était prévôt du Chapitre d’ALBI et prieur de Notre-Dame de FARGUES dans ALBI, lorsque le siège épiscopal de cette ville vint à vaquer au mois de septembre 1433, par la mort de Pierre NEVEU. Bernard appartenait à une famille qui avait fourni cinq cardinaux à AVIGNON : Bertrand de MONTFAVEZ, des PRES de MONTPEZAT, Guillaume I, Faydit, Guillaume II d’AIGREFEUILLE et qui ont contribués à l’élection de sept papes avignonnais de 1316 (Jean XXII) à 1378 (Clément VII).
Le chapitre des chanoines de Sainte Cécile d’ALBI voulant user de son droit, conformément à un récent décret du Concile de Bâle qui rétablissait les élections des évêques par les chapitres et abolissait les réserves pontificales, élut Bernard de CAZILLAC le 6 avril 1434 par 5 voix sur 13 ( les autres voix s’étant réparties sur d’autres candidats). Il fut alors se faire reconnaître et consacrer dans l’église des Cordeliers à Bâle le 12 février 1435, par les évêques de Lectoure et de Lausanne. L’archevêque de BOURGES, consulté par le concile, confirmera la décision de Bâle.
Mais, à son retour, Bernard de CAZILLAC trouva un compétiteur en la personne de Robert Dauphin. Celui-ci, de la lignée des Dauphins d’Auvergne, apparenté aux Bourbons, déjà évêque de Chartres, à la sollicitation du Roi Charles VII son cousin, fut nommé par le pape Eugène IV au même siège en avril 1435 en usant du droit de réserve bien que ce droit fût aboli ; de sorte qu’il y eut en présence deux titulaires, revendiquant chacun pour lui le droit divin, et disposé à le faire triompher par la force terrestre. Déjà l’évêque légitime avait reçu l’obédience de ses diocésains et l’hommage de ses vassaux.
De retour en Albigeois au mois de juillet 1435, Bernard met à profit une absence de Robert DAUPHIN retourné dans sa famille en Auvergne pour s’emparer de COMBEFA et de la BERBIE .
Aidé de Bertrand et de Guillaume de CAZILLAC ses
frères, des Jean et de Raymond de CAZILLAC ses neveux, d’un grand nombre
d’autres seigneurs et de gentilshommes du Nord-Albigeois ( seigneurs de
MONTBRUN, de MONCLAR, de CESTAYROLS, Bernard de TONNAC, de MONESTIES ; de
MAILHOC, du VERDIER ) dont Jean BERAIL seigneur de CESSAC et MILHARS, Bernard
de CAZILLAC vint à bout de vaincre son rival qui avait appelé à son aide le
fameux chef des routiers Rodrigue de VILLANDRANDO ( beau-frère du Duc de
Bourbon) à la tête de 4 à 5 000 cavaliers. Appuyé par des troupes royales et
des sénéchaux de Toulouse et Rouergue, Robert DAUPHIN a aussi des partisans dans Albi. Rodrigue de
VILLANDRANDO avait posé son camp à LESCURE et de là lançait ses routiers qui
pillaient les maisons, incendiaient les moissons et violentaient les femmes. Il
finit par s’installer à « l’ostallaria »
Saint Antoine que ses routiers vidèrent de toutes ses réserves de lards,
jambons et vins.
Bernard de CAZILLAC enfermé dans le château
épiscopal provoqua le siège de la ville par les routiers. La population albigeoise
ne supporta pas les ravages causés par ces routiers autour d’Albi et
demandèrent à Bernard de CAZILLAC de capituler et de sortir avec armes et
bagages. Rodrigue de VILLANDRANDO tout armé et éperonné prit possession de la
cathédrale au nom de Robert DAUPHIN.
Après cela, Rodrigue laisse une garnison à ALBI et
s’en ira mettre le siège devant d’autres places tenues par des partisans de
CAZILLAC.
Bernard abandonna la ville épiscopale à son frère
Bertrand et alla établir sa résidence à CORDES.
Ce fut une lutte scandaleuse qui dura plusieurs
années et qui bouleversa une partie du Languedoc. On se battit, on assiégea, on
prit des villes, on incendia des maisons, on pilla le trésor de la cathédrale
et celui de l’église de FARGUES, enfin on commit tous les excès que la haine
peut inspirer à deux armées ennemies.
Après ces exploits, CAZILLAC court se mettre à
l’abri dans l’enceinte de CORDES où il devait compter beaucoup de partisans.
En 1436, Bernard de CAZILLAC et Robert DAUPHIN
revendiquèrent à main armée la possession de l’évêché d’ALBI sur MONTIRAT.
Bernard de CAZILLAC aidé par C. de MONESTIES et ses fils, par le chevalier Flotard seigneur de BAR en limite du Tarn et Aveyron,
s’empara des biens en litige . C’est ainsi que
MONTIRAT fut assiégé et pris par les adhérents de CAZILLAC qui y placèrent Flotard de BAR en garnison. Mais avant la fin de l’année,
Robert DAUPHIN appela le chef des routiers Rodrigue de VILLANDRANDO et celui-ci
se présenta devant MONTIRAT. Flotard de BAR, sommé de
rendre la forteresse, ayant dédaigné les menaces de Rodrigue, eut sa terre mise
à feu et à sang et perdit son château de BAR (Moularès) . Afin de mettre un terme à la lutte des deux évêques, le
roi étant à MONTPELLIER ordonna à ses sénéchaux au mois de mars 1437, de se
saisir des forteresses occupées par les partisans de CAZILLAC et notamment de
celles de CORDES, COMBEFA et MONTIRAT.
L’armée royale arriva en conséquence devant cette dernière place le 1er mai, et
le sénéchal de Rouergue Guillaut d’ESTAING, emporta
d’assaut le 3 mai 1437 après 3 mois
de siège. FLOTARD perdit son château de BAR qui devint un repaire de plus pour
les routiers.
En 1437, la vierge d’argent doré de FARGUES sert à
gager un emprunt demandé par les consuls d’Albi et destiné à payer trente
quatre pièces de drap qu’on avait acheté pour vêtir les routiers de Rodrigue de
Villandrando.
Bernard de CAZILLAC et son frère Bertrand
recrutèrent un autre contingent de routiers Gascons sous le commandement du
seigneur de LACOSTE avec lesquels ils prirent la forteresse ecclésiastique de
COMBEFA et après avoir dévasté les environs, allèrent jusqu’à piller le tronc
de Sainte Cécile d’Albi.
Bertrand fut désigné par son frère commandant militaire
de la défense d’ALBI.
Confiant de son succès, Bernard de CAZILLAC reprit
le chemin de CORDES, sa résidence habituelle. Mais la ville de CORDES fut à son
tour maltraitée. Les consuls oublièrent les lois de l’hospitalité et laissèrent
pénétrer dans leurs murs, au milieu d’une nuit, quarante gens d’armes composés
de routiers de Rodrigue de VILLANDRANDO et d’aventuriers Ecossais. CAZILLAC
surpris s’évada en chemise, son grand vicaire fut pris et le château ainsi que
les maisons furent saccagées pour compenser la non attribution de la rançon
promise. Charles VII accordait le 30 avril 1437, des lettres d’abolition aux
habitants de CORDES qui avaient pris fait et cause pour CAZILLAC.
Robert
DAUPHIN avec l’appui des forces royales, des sénéchaux du Rouergue, de Toulouse
et de Carcassonne recouvre la ville épiscopale et ses prérogatives en 1437. Au
cours des luttes qui mettent aux prises les gens d’armes des deux partis autour
de la Berbie, la cathédrale romane qui se dresse
entre le château des évêques et la cathédrale est détruite.
Après le conflit armé, s’opère le recours à la justice afin de faire reconnaître le droit électoral des chapitres. Il fallut l’intervention du Parlement de Paris pour mettre fin à ces hostilités.A partir d’avril 1437 l’avocat Jean LUILLIER prit en main la défense de Bernard et gagna l’opinion publique. Le Parlement mit longtemps à prendre une décision. Deux arrêts, non définitifs, furent rendus comme favorable à Bernard de CAZILLAC les 23 mars et 15 juillet 1439. Le schisme éclatait alors au sein de l’église. En 1440 le Parlement déclara n’avoir entendu en rien par ces deux premières décisions, préjuger en rien sur les droits contestés ; il ordonna d’obéir à Robert DAUPHIN jusqu’au jugement définitif. L’évêché d’ALBI fut mis sous séquestre et deux Présidents du Parlement vinrent en prendre possession au nom du Roi et on confia l’administration spirituelle à l’évêque de LAVAUR.
Robert DAUPHIN resta en possession paisible de sa
fonction pendant 18 ans et le pape nommait le
26 janvier 1453 par mesure de pacification, Bernard CAZILLAC au siège de LODEVE. Les CAZILLAC
étaient ruinés et durent emprunter auprès de Jean de PRADAL, riche bourgeois
d’ALBI.
Enfin le
Parlement publia les arrêts définitifs en faveur de Bernard de CAZILLAC en 1454
et 1456 et qui l’autorisa enfin d’officier le 1er novembre 1455 à
Sainte Cécile.
Le pape CALIXTE permit à Bernard de disposer de ses
biens par une bulle de l’an 1458.
Robert DAUPHIN se retira, fit une instance devant le
Parlement et fut condamné par un nouvel arrêté du 1er avril 1461. Il
décèdera en octobre 1461 à BRIOUDE près de BRIVE où il s’était retiré.
Bernard
CAZILLAC est enfin reconnu par le Pape Pie II en avril et le 12 octobre 1461.
Il ne jouit
pas longtemps de son évêché, mourut le 12 novembre 1462 et fut inhumé dans le
cœur de sa cathédrale devant le grand autel. En 1831 il fut procédé au
remplacement du parquet de chêne du chœur par un dallage de marbre qui a
entraîné la disparition de plusieurs pierres tombales dont celle de Bernard de
CAZILLAC…
C’est Bernard de CAZILLAC qui posa le 3 mars 1460 la
première pierre de l’agrandissement de l’église Saint Michel de CORDES et y mit
un écu. L’église prit un aspect militaire sous un clocher octogonal à souche
carrée plus élevée que la nef. Le plan s’inspire de Sainte Cécile avec nef à 4
travées et chapelles aménagées dans les contreforts intérieurs.
Cette histoire sur une période de 24 ans, illustre
les conflits entre le Pape, les clercs et le roi pour le pouvoir dans l’église
au XVème siècle. Elle marque aussi l’antagonisme de
la petite aristocratie locale et de la noblesse « d’Etat » à la fin
du Moyen Age.
Cette victoire de la noblesse locale ne se
renouvellera pas ensuite, car l’évêché d’Albi demeurera constamment réservé aux
membres des grandes familles de la cour et les évêques seront proposés au Pape
par le Roi. Les albigeois devront désormais se soumettre à leur seigneur-évêque
dont le siège est parmi les plus riches du royaume. ( la
dîme du safran et du pastel va amplifier la richesse de l’évêché à partir de
1465.)
Le conflit armé qui opposa les deux prélats pour le
siège épiscopal d’Albi conduisit au manque d’entretien de l’évêché et Mgr
JOUFFROY, successeur, fit démolir l’ancienne cathédrale romane Sainte-Cécile à l’intérieur de la Berbie.
Rodrigue de
VILLANDRANDO dans la vallée du Viaur:
Admis vers 1410, en France, dans la compagnie de Amaury de Séverac, il se fit lui-même capitaine des routiers, véritables mercenaires à la solde de sénéchaux, de puissants seigneurs ou puissants évêques. A la mort de son protecteur en 1427, il accrut ses forces et se mit au service de Charles VII. En 1433, disposant de 10 000 hommes il est à l’apogée de sa puissance. Sa bande est constituée de mercenaires d’origine anglaise et écossaise, en guenilles, sans scrupules, sanguinaires, violeurs et noceurs, attirés par la jouissance et l’appât du gain.
En 1433 il s’empare du château de Lagarde Viaur
qu’il restitue après le payement d’une forte rançon.
En 1436 il investit celui de Montirat
occupé par le seigneur de BAR et après
avoir détruit le château se dirige vers celui de Roumégous
qu’il va assiéger. Remontant le Viaur il prend le château de Thuriès puis s’empare de la résidence d’été des évêques de
Rodez à Salles-Curan. Rodrigue de Villandrando, sans
foi ni loi, terminera sa sinistre épopée le long du
Viaur au village de La Clau aux sources de la rivière.
Ref : Viaur secret de
Michel LOMBARD – Le mystère de la pierre gravée.
Que s’est il passé en Europe à cette époque :
Les Anglais occupent le QUERCY jusqu’en 1444 ce qui explique la présence des CAZILLAC comme des CESSAC en ALBIGEOIS ainsi que la présence des bandes de routiers jusqu’en 1439.
Fin de la guerre de cent ans en 1453.
BRUGES en FLANDRE est en 1434 un port et un centre économique, politique, artistique, intellectuel reconnu dans toute l’Europe. Le développement de la bourgeoisie et de l’esprit marchand annonce l’ère de l’humanisme qui affranchira en partie l’homme de sa crainte de Dieu. Dans les sciences, la Raison et l’arithmétique s’opposent à présent au dogme religieux et aux croyances comme en témoigne la création des premières horloges mécaniques.
Suite au concile de Bâle en 1434 et à une assemblée des trois ordres tenue à Bourges en 1438, une ordonnance de Charles VII rétablit l’élection des évêques et abolit les réserves du pape. Le roi reconnaît la supériorité des conciles généraux au-dessus du pape. ( Cette disposition sera reprise en 1790 par les révolutionnaires qui établiront une constitution civile du clergé. Entre temps un concordat entre le pape Léon X et François I en 1516 redonnera au roi la nomination des évêques du royaume, et au pape le droit de prévention. ).
En 1439 Charles VII instaura une armée royale pour la sécurité de la France en mettant fin aux compagnies de routiers à la solde des comtes, des évêques, des sénéchaux ou intendants.
En 1450 Gutemberg découvre l’imprimerie et la Bible sera imprimée.
En 1462, le successeur de CAZILLAC, le cardinal Jean JOUFFROY rapportera de ROME les reliques de Sainte CECILE.
Cette époque voit le début du développement de la culture du pastel qui va connaître le succès que l’on connaît au début du XVIème siècle.

Au X ème siècle, BERNARD apparaît dans le Haut Quercy en tant que vicomte et comme auxiliaire du pouvoir comtal détenu par le comte de POITIERS. BERNARD se lie à la famille de QUERCY-TURENNE et sa descendance à celle de COMBORN.
Pierre BERNARD
I 1142 – 1159 selon les actes du cartulaire d’Obasine. Sa mère est la Dame de BORME.
Grégoire (de
CAZILLAC)
1192 – 1210 Nommé dans un acte de donation fait en 1210 par Raynal de SARRAZAC
en faveur de l’Hôpital de MARTEL.
Olivier Ier, Baron de CAZILLAC en 1252
qui participa à la 5ème croisade en 1252.
Pierre Bernard
II, aîné,
chevalier, épouse en 1258 Hélis de TURENNE fille de
Raymond IV, vicomte de TURENNE et d’Alemande de MALEMORT. Ils eurent 3 enfants.
Il participa à la 7ème croisade. Il
mourut le 20 août 1275 et est enterré à Brive dans le couvent des frères
prêcheurs dont il était bienfaiteur avec les Malemort.
Etienne, 1er fils, damoiseau 1283 ; meurt
en 1295 célibataire et sans enfants.
Pierre 3ème fils qui
fut nommé évêque de CAHORS en 1312 sous Clément V ; mais il n’accepta pas,
par humilité.
Olivier II, 2ème fils, Seigneur de CAZILLAC.
Obtient des donations du vicomte de Turenne. Il mourut en 1304. Il
eut quatre enfants. Raymond I légataire de Servières
en 1304 dans le testament de Raymond VII de Turenne. En 1313 il participe à la
dot de Galienne d’Asnac. Il
meurt célibataire la même année laissant héritier son frère Bernard.
Guy, 2ème fils,
meurt célibataire en 1339 laissant ses biens à Bernard.
Bernard de CAZILLAC, 3ème fils,
chevalier, seigneur de CAZILLAC épouse en premières noces le 22 02 1319,
Raymonde de TOURNEMIRE fille de Guy, bourgeois de Martel. Ils n’ont pas
d’enfants.
Il
épouse en deuxième noces le 15 12 1325, Hélène de MONTAL (veuve de Hugues de
CARBONNIERES), fille de Bertrand de MONTAL et Garcie
de COMBORN,. Ils eurent 5 enfants.
Bernard
assiste en 1327 à l’hommage rendu par Rigal de Cavagnac à l’abbé de Beaulieu.
Il
rend hommage au Vicomte de TURENNE le 1er novembre 1334.
Olivier III, seigneur de CAZILLAC, fils aîné. Marié le 13 février
1353 à Florence d’AIGREFEUILLE, fille d’Adémar,
Seigneur de Rudelle, petite nièce du Pape Clément VI,
sœur du cardinal Guillaume d’Aigrefeuille le jeune.
La mère de Florence était Aigline de MONTAL, nièce
d’Hélène de MONTAL. Ils eurent 2 enfants, Bernard II et Bertrande.
La famille d’Aigrefeuille
était originaire de Lafon, commune de Champagnac la Prune, canton de la Roche-Canillac,
arrondissement de Tulle en Corrèze.
En 1350, Olivier rend hommage au nouveau vicomte de
Turenne, Guillaume Roger de Beaufort, neveu du Pape Clément VI comme l’avaient
fait ses prédécesseurs.
Il meurt en
1366, laissant 3 enfants.
Florence se remarie avec Hugues de Montferrand qui
meurt en 1370.
Florence épousera le 14 septembre 1372 Arnaud IV de
BERAIL (3ème noces), Baron de CESSAC, THEMINES en Quercy et seigneur
de MILHARS et co-seigneur de FENEYROLS.
L’alliance des CAZILLAC aux BERAIL en pleine période
d’occupation Anglaise et de guerre de cent ans font que la famille de CAZILLAC
n’habitera plus sur ses terres. Le château sera démoli en 1413 et ne sera
jamais reconstruit. La baronnie de CAZILLAC sera aux mains de fermiers
d’origine bourgeoise résidant à Martel.

Bernard II, Seigneur de CAZILLAC, fils
aîné, épousa le 1er août 1375 Benoite de MONTFAVEZ dont le père Guillaume de
MONTFAVEZ était Seigneur de NOAILLES et d’ALAYRAC.
Guillaume était le frère du cardinal Bertrand de MONTFAVEZ). Le château de
LESTAR et les terres dans la vallée du CEROU près de CORDES leur appartiennent.
( A noter que les deux hommes de confiance du pape Jean XXII ( 1316 – 1334), furent les cardinaux Bertrand du POUGET son neveu, qui fut légat en Italie et Bertrand de MONTFAVEZ cardinal diacre de Sainte Marie in Aquiro en 1320 et décédé en 1342, Seigneur de GANDOULES. Ils étaient tous deux originaires de CASTELNAU-MONTRATIER.)
Il est prisonnier des Anglais qui occupaient Balaguier (canton d’Asprières) en
Aveyron en 1377. Le 20 juillet 1377, la femme de Bernard vendait un pré à Alayrac pour solder la rançon de son mari.
En 1377 Bernard possède des biens sur le territoire
de CASTELNAU de BONNEFOUS.
Le 8 septembre et 15 novembre 1406 ils vendirent des
biens sur Alayrac à Jean BARRANI, marchand à CORDES.
- Bernard II décèdera en 1417.
Ils eurent 3 garçons dont Bernard III qui fut évêque d’Albi. (1434 – 1462 ), Guillaume et Bertrand et 5 filles dont :
- Sibylle qui épousa Raymond de Merle,
- Cécile qui épousa Jean d’Hébrailh, seigneur de RIVIERES, prisonnier des Anglais en 1382 et détenu au château de Thuries. Leur fils Lucas d’Hébrailh prit le parti de Bernard de Cazillac.
- Flors 1410-1462, qui fût abbesse du monastère Cistercien de Nonenque (commune de Marnhagues et Latour dans l’Aveyron).
BERNARD III avait pour trésorier de ses affaires patrimoniales, Vincent de BROGLIA d’origine Italienne.
Bertrande de CAZILLAC, sœur de Bernard
II, fut mariée à Avignon dans le palais
du cardinal d’AIGREFEUILLE, leur oncle, le 14 septembre 1372 avec Géraud de BERAIL, vicomte de CESSAC et
Seigneur de MILHARS. Ils eurent Jean, vicomte de CESSAC et Seigneur de MILHARS
qui épousa en 1410 Bertrande de LESCURE. Sans
postérité il teste en 1443 en faveur de Raymond
de CAZILLAC, de la branche de Bernard II, tous ses biens à charge de porter
le nom et armes de CESSAC.
(Ainsi Arnaud BERAIL et son fils Géraud
recevaient la consécration du mariage à AVIGNON chez le Cardinal d’AIGREFEUILLE en épousant pour l’un, veuve Florence de
CAZILLAC et pour l’autre, sa fille Bertrande. On peut
imaginer quel fut le voyage et les fêtes dans la
résidence du Cardinal).
Bertrand I, fils aîné, chevalier en
1446, baron de CAZILLAC, seigneur de NOAILLES et d’ALAYRAC qui épousa en 1415
Denise de NEBOUDE. Ils eurent 9 enfants dont Jean Ier et Raymond.
Autres enfants : Bertrand et Pierre de CAZILLAC furent chanoines d’Albi et
exécuteurs testamentaires en 1462 de Bernard, leur oncle évêque d’Albi ;
Jeanne qui épousera Raimond d’ORGUEIL et Marguerite qui épousa en 1477 Pons de
PEIROL de Saint Antonin. Béatrix épousera Bertrand, vicomte de MONCLAR et
testera le 28/04/1459.
Le 24/04/1410 est passé un acte de constitution
d’une rente de 3 sétiers de blé à verser à Pâques à
Bertrand de CAZILLAC.
Le 02/01/1444 dénombrement de Bertrand de CAZILLAC
pour ses terres de CAZILLAC et de NOAILLES.
Raymond épouse le 1er
décembre 1447 Hélène de LESCURE, fille de Pierre, Seigneur de LESCURE en
Rouergue. Sans postérité, il testera le 15 janvier 1483 et lèguera tous ses
biens à son neveu Gilles de
CAZILLAC.
Terres et château de la
baronnie de CESSAC :
Dans le LOT : LA ROCHE à LABASTIDE MURAT, CELS près de
PARNAC, CRAYSSAC, CESSAC , DOUELLE, FLAYNAC et PRADINES, LIVERNON près de
FIGEAC, LABERAUDIE près de CAHORS, LARNAGOL, CALVIGNAC, SAINT CHELS, SEUZAC (
ces 4 territoires seront vendus le 16/12/1638)
Dans le TARN : MILHARS, TONNAC
Dans le TARN et GARONNE : FENEYROLS, QUERGOAL ( en co-seigneurie )
Jean Ier, chevalier, seigneur et
baron de CAZILLAC, seigneur d’ALAYRAC et de NOAILLES épouse le 12 novembre 1456
Catherine Des PRES de MONTPEZAT. Ils eurent 9 enfants dont Gilles qui hérite de son oncle Raymond , Bernard qui sera son héritier et
Guillaume. Une fille, Germaine de NOAILLES, épousera en 1480 Antoine de LA VALETTE-PARISOT ; de cette alliance vinrent Arnaud qui
épousera Antoinette d’ANGLES et auront 3 filles, Jacques, religieux, chevalier
de Malte et commandeur de Notre-Dame d’Espédaillac en
Quercy et Raymond, aussi chevalier de Malte.
Une autre fille, Peyronne
épousera le 21 mai 1489 au prieuré d’ALZONE, Guillot de
CASTANET, Seigneur de CASTANET et CAMBAIRAC en Rouergue. Ils assureront la
lignée des de CASTANET d’ARMAGNAC mais aussi celle
des de TONNAC puisque leur fille Marguerite de CASTANET épousera Antoine de
TONNAC le 12 février 1523 ; leur fils PONS de TONNAC sera l’auteur de la
descendance des TONNAC, LA CAILHAVIE, PETRALADE, QUERS, VILLENEUVE-MAYRAGUES,
LA BARTHE.
Jean Ier fera quelques
apparitions à CAZILLAC pur régler les rentes de ses terres.
Le 08/06/1458 Jean de CAZILLAC est dit seigneur de MONTCLAR.
Bernard, baron de CAZILLAC, fut en
1491 l’un des tuteurs des enfants de Jean de Belcastel.
Il est qualifié « chevalier » seigneur de NOAILLES, ALAYRAC et
CAZILLAC en 1499. Il fait collation en 1505 d’une chapellenie dans l’église
Saint Pierre de GAILLAC en faveur de Guillaume. Toujours vivant en 1515, sans
postérité, il lègue à son frère Guillaume les terres de NOAILLES et ALAYRAC.
Gilles de
CAZILLAC-CESSAC, vicomte de CESSAC, héritier
testamentaire de Raymond de CAZILLAC-CESSAC et en exécution de la condition
imposée par Jean BERAIL se trouve à la tête d’un important patrimoine situé en
Albigeois et en Quercy.
Il épouse le 19 janvier 1498, Marguerite de LUZECH,
fille de Jean de LUZECH en Quercy et d’Isabelle de ROQUEFEUIL dont il eut un
fils Antoine et 4 autres enfants
dont une fille Antoinette qui épousera le 09 juin 1517 François Roger I de
COMMINGES (1510-1550), vicomte de BRUNIQUEL et auront 3 enfants; Jean-Roger qui
continuera la lignée des vicomte de Bruniquel, Bernard-Roger et Jeanne qui
épousera le 09/09/1546 Antoine Anticamerata seigneur
de VILLENEUVE sur VERE.
Le 10 avril 1510, une autre fille, Marie de CAZILLAC
est l’épouse de de MORLHON seigneur d’Asprières ; leur fille Catherine de MORLHON est
l’épouse de Jean de LA ROQUE BOUILLAC qui sert sous les ordres de GENOUILLAC
Gilles meurt le 24 juillet 1509
Son frère Guillaume ou Pierre de CAZILLAC, chanoine d’ALBI, recteur de l’église de SALLES de 1498 à 1505, héritier de Bernard fit don de ses biens à Antoine, neveu, qui récupère ainsi NOAILLES et ALAYRAC.
Antoine de
CAZILLAC-CESSAC, baron de CAZILLAC, CESSAC, vicomte de CALVIGNAC,
LARNAGOL, Seigneur de NOAILLES, de
MILHARS… épousa 19 novembre 1526 Anne de CRUSSOL d’UZES, née en 1509, fille de
Jacques SERE de CRUSSOL, chevalier de l’ordre du Roi, capitaine de ses gardes
du corps, sénéchal de BEAUCAIRE et de NIMES et de Simone d’UZES, vicomtesse
d’UZES. Anne était aussi la sœur de Charles de CRUSSOL d’UZES qui épousa Jeanne
GALIOT de GENOUILLAC ( fille de Jacques GALIOT de GENOUILLAC maître et capitaine
général de l’artillerie de France qui fut inhumé à ASSIER (Lot) après avoir
fait édifier une église et un château tout imprégnés de l’architecture
Renaissance ). Antoine de CAZILLAC-CESSAC fut Lieutenant général de l’artillerie du
Roi sous les ordres de Jacques Galiot de GENOUILLAC
et prit part à de nombreux combats en Italie sous François Ier.
Antoine et Anne eurent 7 enfants dont 1 garçon, François,
un autre garçon sera évêque et 2 filles ( dont
Françoise qui épousera en 1556 Bernard de BOUZET, seigneur de COSTERAT en
LOMAGNE et Anne qui épousa au château de Milhars en 1565 Antoine de CASSAGNES
de BEAUFORT, seigneur du CAYLA et de FLARS , commune de CASSAGNES-COMTAUX
canton de RIGNAC en Rouergue ; leur fille Charlotte de CASSAGNES épousera
Pierre de RODOREL-CONDUCHE en 1593 et auront un fils
Antoine de RODOREL. La famille de RODOREL fournira 4
abbesses aux bénédictines de Longueville
dans le château de l’Orme à Gaillac de 1618 à 1743).
Le 10/03/1538, constitution et rente payable à
Antoine de CAZILLAC, Grand Maître de l’Artillerie en tant qu’administrateur des
biens de François son fils aîné.
Antoine meurt
à LYON le 30 septembre 1541 à la suite de fièvre. Son corps fut transporté
à Milhars où il fut inhumé dans la chapelle de l’église de Milhars.
( Jacques GALIOT de GENOUILLAC meurt
en 1546 laissant les biens d’ASSIER aux descendants
des CRUSSOL d’UZES jusqu’au XVIII siècle)
Antoine déclara tenir en QUERCY : la baronnie de
CAZILLAC comprenant LASVAUX, PAUNAC, BAISSAC, SAINT JULIA, PALMEISSE et la moitié
de SARRAZAC, la moitié de CREYSSE - puis CESSAC, DOUELLE, FLAYNAC, CRAYSSAC,
CELS, la moitié de PRADINES et LABERAUDIE.
Il avait aussi des biens à ALBI.
François Ier de CAZILLAC-CESSAC, baron de CAZILLAC, CESSAC, Vicomte de
CALVIGNAC, LARNAGOL, Seigneur de MILHARS, d’ALAYRAC…. Attaché à la Maison de
GUISE, il est gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, lieutenant de 5
hommes d’armes ; en l’an 1562 il est chambellan du Duc d’ANJOU qui sera
Roi sous le nom d’Henri III ; on le retrouve agent secret auprès de Marie
de Médicis. Il commande à VERDUN en 1576 ; chevalier des ordres du Roi ( cordon
bleu ; Saint Esprit et Saint Michel) en 1583.
Il épousa le 12 Mars 1562 Claude de DINTEVILLE dame
de VAULAI, fille de Guillaume, chevalier, seigneur d’ECHENAY,
chevalier de l’ordre du Roi et capitaine de 50 hommes d’armes de ses
ordonnances et fille de Louise de ROCHCHOUARD. Cette dame prêta en 1587 aux
consuls de Cordes 300 écus pour combattre la peste.
Il teste le 11 juin 1593. Ils eurent 4 garçons ( dont Louis qui épousa Marie de SOMMIEVRES baronne de
l’Isle sur Marne, François qui est en 1618 chanoine à Sainte Cécile) et une
fille Claude qui épousera Charles de CHOISEUL-PRASLIN qui sera nommé Maréchal
de France par Louis XIII en 1619.
- François I meurt en 1593.
Charles de
CAZILLAC-CESSAC, fils aîné, baron de CAZILLAC, CESSAC, vicomte de CALVIGNAC, LARNAGOL, Seigneur
de MILHARS, d’ALAYRAC… est gentilhomme ordinaire de
la chambre du Roi, gouverneur de Chables en 1592, capitaine de 50 hommes
d’armes, chevalier du Saint Esprit en 1614. Il épouse le 27 janvier 1598
Suzanne de PEYRUSSE des CARS, fille du comte des CARS gouverneur royal de
Bordeaux et d’Isabeau de BEAUVILLE. ( en 1593 Rose de
MONTAL épousait François de PEYRUSSE d’ESCARS,
marquis de Merville dont les biens de MONTAL dans le LOT furent transmis
jusqu’en 1760. En 1325 Bernard de CAZILLAC avait épousé Hélène de MONTAL ).
Ils eurent 2
garçons François et César prêtre et 1 fille Claudine qui épousera François de
LAROCHE de FONTENILLES.
Suzanne mourut le 15 mars 1604 et inhumée dans la
chapelle des seigneurs de l’église de Milhars.
Charles fit graver sur trois plaque de marbre noir une belle et longue épitaphe
rédigée mi-français et mi-latin qui se trouve au musée de l’Isle sur Tarn où
elle fut donnée en 1897 sans connaître dans quelle circonstance.
Il lègue à
César de CAZILLAC, prêtre, les rentes à vie qui lui appartenaient dans la
seigneurie de TONNAC.
En Juin 1622
Louis XIII s’empare de St ANTONIN où le régiment de M. de CESSAC occupe la côte
de PENNE sous le contrôle du Maréchal de Thémines
De 1600 à
1631 il fait reconstruire le château de MILHARS
- Charles meurt le 6 mars 1633
François II de
CAZILLAC-CESSAC, fils aîné, baron de CAZILLAC, CESSAC, Marquis de MILHARS,
gentilhomme de la chambre du Roi épousa le 26 août 1625, Marie de CHOISEUL,
dame de CLERMONT et de MONTSEGUY, fille d’Antoine de CHOISEUL, baron de
CLERMONT, comte de MONTSEGUY en Charolais et fille de Marie de VIENNE, dame de
le FERE CHAMPENOISE. Marie décède le 17 août 1665. De la première union naquit
Jeanne-Charlotte qui sera religieuse et, Charlotte-Marie.
Il épousa en deuxième noce le 14 septembre 1669,
Anne Louise de BROGLIE, fille de Charles de BROGLIE, maréchal de camp des
armées du Roi et d’Olympe de SANDI.
N’ayant pas d’héritier mâle, le 1er
septembre 1665 il fait donation de la baronnie de CAZILLAC à son petit cousin
Roger de GUENEGAUD, Marquis de PLANCY avec condition de porter le nom et les
armes des CAZILLAC.
Roger
décèdera prématurément sans descendance et la baronnie revint à son frère Henri
de GUENEGAUD selon acte passé à MAESTRICH le 7 juillet 1673 en présence du Roi.
Henri revendit ensuite le Marquisat à Marie-Renée le
GENEVOIS.
Les terres de
Milhars sont érigées en Marquisat en 1653
Le 15 Février 1678 un dénombrement est fait par
François de CAZILLAC-CESSAC avant la liquidation et
vente de toutes ses possessions à NOAILLES et MILHARS.
François II, joueur de cartes et tricheur fut
chassé de la cour par le roi en 1671, se retira sur ses terres et mourut
empoisonné le 28 juillet 1679 en partie ruiné et fut inhumé 5 jours plus tard
dans la chapelle de l’église de Milhars.
Charlotte-Marie de CAZILLAC-CESSAC, vicomtesse de CESSAC,
Marquise de MILHARS épousa le 12 juin 1651 Charles le GENEVOIS, Marquis de
BLAIGNY. Ils eurent deux filles dont Marie-Renée. C’est Marie-Renée qui
rachète et prend en charge le lourd héritage qu’avait répudié sa mère pour
raisons de lourdes dettes supportées par son mari le Marquis de BLAIGNY.
La sœur de François II, Claudine, s’était marié et
avait eu un fils du nom de François de LAROCHE, comte de FONTENILLES. Celui-ci
obtint temporairement la succession de façon douteuse de la part de Charlotte.
Mais Marie-Renée, en cour auprès du Roi, obtint
l’expulsion du Comte de FONTENILLES qui s’était mis à dos pour sa cruauté toute
la population de MILHARS.
- Charlotte-Marie décèdera malade et mal traitée au
château de Milhars le 22 octobre1683.
Marie-Renée LE GENEVOIS, Marquise de MILHARS, épousa le 30 août 1684 François
VOISIN, seigneur de BACQUERAL, maître de camp du régiment, colonel général de
cavalerie. Sans descendance elle vendit la baronnie de CAZILLAC le 03 mars 1689
à Godefroi Maurice de la TOUR, Duc d’ALBRET et de CHATEAU THIERRY, Comte
d’EVREUX et Duc de BOUILLON, vicomte de TURENNE pour la somme de 68 000 livres.
(A titre de comparaison, le roi achètera la vicomté de Turenne en 1738 pour 4 million de Livres.)
Elle lègue le Marquisat de MILHARS à sa nièce Marie
Jeanne VOISINS qui avait épousée Chrétien François de LAMOIGNON de BASVILLE.
Voir l’extrait du testament de Marie-Renée en 1721 dans le N° 82 de la Revue du Tarn où elle honore certaines personnes de Milhars…dont Catherine des CHAMPS DUVERGES, sa dame de compagnie durant sa vie qui obtint les terres et le château de NOAILLES.
En 1863 le château de LESTAR à CORDES était la propriété de Mr le Marquis de VOISINS ( ancien officier de cavalerie et membre de la société française d’archéologie ).
Ainsi s’arrête la lignée des CAZILLAC détentrice de
la baronnie de CAZILLAC en Haut Quercy.
Les deux châteaux de CESSAC et CAZILLAC victimes de
la guerre de cent ans ne sont que ruine et témoignent encore aujourd’hui du
passé de leurs occupants qui furent de puissantes familles du QUERCY.
Le 10 Août 1762, Bernard MAZARS d’ALAYRAC, ancien
intendant du Languedoc 1731, Seigneur d’ALAYRAC est décédé dans sa maison sise
dans la ville de Cordes. Il est probable qu’il avait fait l’acquisition des
terres d’ALAYRAC auprès des LAMOIGNON ?
Sources :
-
Bulletin de la société scientifique, historique et
archéologique de la CORREZE
-
Tome 27 octobre décembre 1905. Ernest RUPIN
–
Tome 46 septembre décembre 1924. Charles CASTANET.
–
Revue du département du Tarn – 1ère
série. 1er V. 1876 et 2ème V. 1878- Emile JOLIBOIS
–
Revue du Tarn N° 82 – Les familles du Marquis de
MILHARS
–
Revue du Tarn N° 181 - Monographie de MILHARS
- Bulletin
de la SSABL du Tarn N°6 – 1944 - pages 125 à 127 sur Charles de CAZILLAC
–
Les Tarnais – Dictionnaire biographique
–
Le diocèse d’Albi d’Hippolyte CROZES
–
Histoire de la ville de CORDES de Charles PORTAL
–
Rodrigue de VILLANDRANDO de Jules QUICHERAT
–
De Carmaux médiéval à Monestiés Combefa
de Louis CALMELS
–
Extraits de registres de notaires par Charles
PORTAL.
–
Différents sites sur internet.
–
CRAYSSAC et alentours de Léon MARTIN – 1991
–
Marguerite GUELY pour des précisions sur l’histoire
de CAZILLAC
–
Abbé Arthur DARNIS curé de CAZILLAC en 1969.
–
François AUBEL – Les comtes de QUERCY – Annales du
Midi N° 219-220 en 1997
–
Cahiers de doléances du Tiers Etat de la
sénéchaussée de MARTEL pour les Etats Généraux de 1789
–
La tour de Cazillac, page
56 – Quercy Recherche N°125
–
Adrien BEZIAT Monographie sur NOAILLES en 1968
Jean-Paul
MARION
Mise
à jour : Mai 2008
Note :
En 1582, Henri III fixa l’assiette territoriale
devant servir de support aux titres. Le marquisat
relevait de 3 baronnies et 3 châtellenies ou 2 baronnies et 6
châtellenies ; le comté
relevait de 2 baronnies et 3 châtellenies ou 1 baronnie et 6
châtellenies ; la baronnie relevait
de 3 châtellenies unies ensemble. (Sont souvent confondu les titres de baron et
vicomte). Sous Louis XIV, un comté comprenait une douzaine de sous-fiefs.
Le titre de chevalier
correspond à un noble de race ancienne possédant une charge importante. Titre
porté par les cadets de grandes maisons.
Le titre de banneret
est porté par un chevalier possédant assez de biens pour lever une bannière
c’est à dire pour grouper sous son autorité plusieurs chevaliers.
A signaler, la fête de la grêle, très solennelle
autrefois, le 29 avril pour la commune de CAZILLAC.
Elle se déroulait à la suite d’un vœu fait par la population au XVII° siècle
pour se protéger de la grêle. Toujours sur la commune de CAZILLAC, la fontaine
de Saint FERRREOL entre PAUNAC et FRIAC connue en 1583 et dont les eaux
conjuraient et guérissaient les maux des yeux et les engelures.
Synoptique des familles qui eurent en charge les terres de CAZILLAC et CESSAC en QUERCY et MILHARS et NOAILLES en ALBIGEOIS avant la Révolution.
Grégoire
de CAZILLAC 1192/1210
I
I
Olivier
I de CAZILLAC +1253
I
I
Pierre Bernard de CAZILLAC 1230/ + 20/08/1275
X 1258 Hélis
de TURENNE
I
I
Olivier II de CAZILLAC + 1304
I
I
Bernard
I de CAZILLAC +1327
X1) Raymonde de TOURNEMIRE
1325 X2) Hélène de MONTAL
I
I
Olivier
III de CAZILLAC +1366
X
Florence d’AIGREFEUILLE
Veuve
elle épousera Arnaud BERAIL le 13/09/1372
I
_______________________________________________I
I I
I I
Bertrande de CAZILLAC
Bernard II de CAZILLAC + 1417
X13/09/
1372 Géraud de BERAIL X 1/08/1375 Benoîte de MONTFAVEZ ( NOAILLES, ALAYRAC)
I I
I I
Jean
de BERAIL _______________________________________________
X 1410 Bertrande
de LESCURE I I
Sans descendance, la baronnie de CESSAC et la seigneurie de MILHARS I I
est transmise à son neveu Raymond Bernard III de CAZILLAC Bertrand I de CAZILLAC
Evêque d’ALBI
1434-1462 x 1415 Denise de
NEBOUDE
9
enfants
I
_______________________
I I
I I
Jean I de CAZILLAC Raymond de
CAZILLAC +1483
X 1443 Catherine des PRES de MONTPEZAT X 1447 Hélène de LESCURE
9 enfants Sans descendance, la propriété est I
transmise à son neveu Gilles
I----------------------------------------------------------------- I
Germaine
de NOAILLES Gilles de CAZILLAC-CESSAC
+1509
X
1480 Antoine de LA VALETTE-PARISOT X 10/01/1498 Marguerite de LUZECH
I ________________________I_____________________________
I I I
I---------------------------I------------I I I
Arnaud + 1521 Jacques Raymond