BIOGRAPHIE des
LAMOIGNON de BASVILLE
La famille de LAMOIGNON fait remonter ses prétentions nobiliaires au XIIIème siècle, mais dont l’importance ne datait que du règne de Louis XIII. Ils sont au départ des avocats puis leurs descendants deviennent des magistrats puissants qui gagnèrent la particule. Les Lamoignon commencèrent à s’élever sous Richelieu et en 1633 Chrestien de Lamoignon est président à mortier.
Son fils Guillaume se consacre aux études et fréquente les savants de l’époque et les gens de lettres comme Bourdaloue, Racine et Boileau. Pendant la Fronde, il reste attaché au Roi et à Mazarin et fut nommé premier président en 1658. C’est à cette époque qu’il devient locataire de l’hôtel que fit édifier en 1586 Diane de France, duchesse d’Angoulême et fille naturelle d’Henri II et situé 24 rue Pavée à PARIS (dans le Marais IV ème et qui est devenu aujourd’hui la bibliothèque historique de la ville de Paris). Il prit part au procès de Fouquet et fut un des plus actifs collaborateurs de Colbert. Il meurt dans son hôtel le 9 décembre 1677 et dans son oraison funèbre, Bossuet le désignera comme « le sage, le docte, le pieux Lamoignon ».
Guillaume de
Lamoignon
avait épousé Magdeleine Potier décédée en 1705, et eut deux fils et deux
filles :
- L’aîné de ses fils, Chrestien-François, fut avocat général, conseiller au Parlement en
1666, maître des requêtes, avocat général et Président à mortier au parlement
en 1690. Il continua la location de la demeure familiale jusqu’au 2 avril 1688
où il acheta l’hôtel d’Angoulême des curateurs aux successions vacantes de
Charles et Louis de Valois, ducs d’Angoulême. L’hôtel devient alors
« l’hôtel de LAMOIGNON ». Il mourut le 7 août 1709 sans avoir eu le temps
d’achever les transformations de sa demeure que sa veuve, Marie-Jeanne VOISIN à
qui l’hôtel échut le 14 avril 1710 devait terminer. La porte monumentale sur la
rue Pavée, avec ses figures de la Prudence et de la Vérité, date de 1718. C’est
à lui que Boileau a dédié sa sixième épître. Il avait épousé Marie-Jeanne de
VOISIN qui hérita du Marquisat de Milhars en 1721. Il eut pour fils
Chrétien II (14/03/1676 – 28/10/1729) puis pour petit-fils Chrétien-Guillaume
(01/10/1712 – 23/05/1759) et arrière petit fils Chrétien-François II (
18/12/1735 – 16/05/1789). Cette lignée
des Lamoignon porta le titre de Marquis de Basville et de Milhars.
- L’autre fils est Nicolas, né en 1648, reçu avocat au parlement de Paris en 1666, il
devient conseiller au parlement en 1670 puis maître des requêtes. Il devint
ensuite Intendant à Montauban, puis à Pau, Poitiers et put recevoir les
dernières leçons de Colbert en matière d’industrie et de commerce. En 1685 il
est nommé Intendant de Languedoc qui comprend 1,5 millions d’habitants et qu’il
domina en brisant toute résistance. Les dragonnades contre les protestants du
Languedoc le firent plus détester que le Roi Louis XIV. Saint Simon, son
contemporain dont le mariage avec Charlotte de Chasteauneuf avait été célébré
le 17 novembre 1672 dans la chapelle privée de l’hôtel de Lamoignon, ne l’appelle
que Roi et tyran du Languedoc. Le 22 octobre 1685, l’édit de Nantes fut aboli
comme inutile, vu la conversion de la plus grande et de la meilleure partie des
réformés. Il est à Castres en 1688 avec des troupes pour disperser les
assemblées de protestants qui s’étaient formées dans le diocèse. “ la
condition de la paix et de la tranquillité domestique, c’est que tous les
Français soient réunis sous une même foi comme sous un même maître ”
écrira Basville. Il restera à Montpellier jusqu’en 1718. Il mourut en 1724 à
Paris et fut inhumé aux Cordeliers.
Il eut un fils Urbain-Guillaume connu sous le nom de M. de Courson, né en 1674 qui fit ses études à Montpellier avant de rejoindre Paris faire carrière au Parlement. Il fut ensuite Intendant à Rouen en 1704 puis en 1709 à Bordeaux (Guyenne). Il eut une fille, Madeleine qui épousa en 1706 Lepelletier des Forts, comte de Saint Fargeau.
L’histoire retiendra de Nicolas de Lamoignon de Basville, sa volonté à convaincre et à réprimer les calvinistes du Languedoc au nom du Roi Louis XIV.
- L’une des filles, Marie, épousa le 29 août 1686, le comte Victor Maurice de Broglie
qui fut nommé commandant de toutes les troupes du Languedoc par son beau-frère
Nicolas. Il resta à son service jusqu’en 1703.
Le 6 décembre 1721 naquit dans l’hôtel de Lamoignon,
Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (1721 – 1794), futur ministre et
l’héroïque défenseur de Louis XVI.
Alphonse Daudet habita l’hôtel de Lamoignon vers
1867 où il écrivit « Fromont jeune et Risler aîné »
La ville de Paris se rendit acquéreur de l’hôtel
Lamoignon le 1er juillet 1928 et deviendra succursale du musée Carnavalet, puis
bibliothèque de la Ville.
Sources : Histoire du Languedoc sous la direction de Philippe WOLFF – PRIVAT
Essai sur l’histoire administrative du
Languedoc (1685 – 1719) par H. MONIN
Les vieux hôtels de Paris de Paul JARRY –
Chez CONTET - 1929