Juin 1940 à MILHARS

 

 

La guerre franco-allemande commence le 3 septembre 1939 et après une période relativement calme dite « la drôle de guerre », se termine rapidement par une retraite de nos armées depuis l’attaque des FLANDRES le 10 mai. PARIS sera prise le 14 juin et le 17 juin une demande d’armistice est engagée. Il s’ensuivra l’appel du 18 juin du général de Gaulle.

 

Milhars voit l’arrivée de nombreux réfugiés venus des régions du Nord, de l’Est et de Belgique.

 

Le 1er groupe du 371ème régiment d’artillerie lourde sur voie ferrée (R.A.L.V.F.), composé de 6 obusiers de 400 mm modèle 1915 formant 3 batteries de 2 pièces avec leurs services auxiliaires vient stationner sur les voies de la gare de Lexos. Ce convoi d’un régiment français ayant battu en retraite depuis le début du mois de mai sans avoir tiré un obus, est venu chercher une protection naturelle dans la vallée de l’Aveyron avec la possibilité d’aller vers Montauban ou Toulouse.

 

Pendant quelques jours, un obusier se trouve sur la voie face à Milhars, au pont du Cérou; la communication par voie ferrée avec Toulouse se trouve interrompue.

La troupe occupe les locaux encore disponibles en attendant une démobilisation et le retour dans leurs foyers pour assurer les travaux agricoles de la saison.

 

A Saulieu, à la chapelle de La Roque (ancienne paroisse de Saint Projet), il est trouvé entre deux pierres, un papier qui est ramené au village et sur lequel sont inscrits quelques vers dont on ne connaîtra jamais l’auteur.

Ce poème est gravé sur une plaque de marbre scellée sur le mur de la chapelle du côté de l’entrée.

 

 

 

Eglise abandonnée! ô campagnes désertes,

Maisons sans habitant, toutes portes ouvertes,

C’est la France qui meurt, sans idéal sans foi,

C’est un peuple abaissé, c’est un peuple sans loi,

Que de mauvais bergers ont jeté dans l’abîme.

Recueille toi passant et dans ton coeur intime

Adresse au Tout Puissant un appel angoissé

Pour un bel avenir, meilleur que le passé.

 

           

 

Petite histoire de cette chapelle:

La paroisse de Saint Projet est mentionnée en 1109. On trouve Pierre CAYRE comme curé de St Projet de La Roque de 1676 à 1722 où il y mourut en janvier. Il avait fait faire la sacristie à ses frais, le presbytère ayant été fait de son temps par les paroissiens habitants Seaulieu et Ratayrens, alors au nombre de 80 environ. Le sanctuaire a un caractère roman avec une voûte de plein cintre éclairé par une fenêtre romane; la nef n’a pas de voûte mais un simple plancher. (description en 1875).

La Roque était situé sur la commune de RATAYRENS (39 habitants en 1872) et c’est en 1928 que l’église de La Roque et Ratayrens furent rattachés à la commune de Le Riols. C’est en février 1733 que Jean-Guillaume MOLINIER né à Seaulieu, doctrinaire puis évêque constitutionnel des Hautes Pyrénées, y fut baptisé.