Village de Milhars – Tarn – France
------------------------------------------------------------------------------------------
www.milhars.com
milhars@caramail.com
------------------------------------------------------------------------------------------
Localisation – Activités – Découverte – Histoire
– Habitants – Voisinage
------------------------------------------------------------------------------------------
Poésies – Visite – Faune et flore – Bonnan – Géologie – Cartes postales
------------------------------------------------------------------------------------------
Le Ruisseau
(Jean-Marie Mercadier, Janvier 1944)
Dans un étroit
vallon, tout près de mon village,
au milieu des près verts coule un petit
ruisseau,
les frênes, les peupliers qui marquent son
sillage
surplombent les ormeaux qui se penchent sur l'eau.
En suivant le
ruisseau tout bordé de gazon
remontons le chemin qui mène vers la source,
nous pourrons à loisir voir un autre horizon
admirer la cascade et reprendre la course.
Vous êtes
fatigués par cette promenade
mais si nous voulions voir la source du
ruisseau
il nous faudrait aller plus haut que la
cascade
nous y monterons donc après un long repos.
Admirons, pour
l'instant, celle onde bouillonnante
qui, tombant des rochers, semble nous
enchanter,
entendez-là mugir d'une voix effrayante,
courir dans le ruisseau, gazouiller et chanter.
Mais quel est
donc ce bruit qui frappe notre oreille ?
Amis, ne
craignez point, c'est un serpent qui fuit;
une verte couleuvre que notre marche éveille
glisse dans le ruisseau dont l'élément reluit.
Quelle est donc
cette voix qui parcourt la campagne
répétant nos appels et qui veut nous parler ?
Ecoutez, chers
amis, la voix de la montagne
qui répond à nos cris et vient nous saluer.
Cui.. Cui ..Cui..frou.. frou..frou. . Entendez les oiseaux
qui volent d'arbre en arbre et chantent à
tue-tête
regardez-les s'enfuir derrière les roseaux
pour se désaltérer et reprendre la fête.
Le soleil va
toucher le bord de la colline
l'ombre descend rapide à travers son penchant
mais avant de quiner
cette vallée divine
contemplons, un instant, ce beau soleil couchant.
Citadins
accablés par les maux de ce monde
venez vous reposer le long du clair ruisseau
en cherchant l'écrevisse en son eau peu
profonde
ou même en déployant vos toiles et vos
pinceaux.
Rêverie
hivernale (Jean-Marie Mercadier )
L'Automne a fui, emportant ses jours enchantés
Avec leurs
coloris, vifs ou mélancoliques
L'activité des
champs, ses tableaux bucoliques
De leur vision,
l'esprit demeure agrémenté
Nous voici, par
l'hiver, quelque peu tourmentés
Retenus au
logis, devant l'âtre rustique
Où la flamme
noircit la crémaillère antique
Projetant au mur
des reflets mouvementés
Alors du
bas-relief ressuscite la vie
Et le maître
maçon brandit, à faire envie
Ses glorieux
instruments, avec beaucoup d'allant.
Invitant ses gouachiers à se
remettre à l'œuvre
Il s'active, il
conçoit, dirige la manœuvre
Déployant chaque
jour son magistral talent
Crépuscule
(Jean-Marie Mercadier ,1945)
Pareil à ces
grands rois que la cour achemine,
Jusqu' au lit
chamarré de rubis éclatants
Le soleil
disparaît derrière la colline
Allumant les
cieux des splendeurs du couchant.
Du violet
pourpré jusqu' au rose très pâle
Les nuages
nantis du spectre des couleurs
Pareils à des
bouquets aux chatoyants pétales
Couronnent
l'horizon d'un océan de fleurs.
Et le ciel
embrasé baigne de sa lumière
La nature goûtant
ses mourantes clartés
Les saules, les
ormeaux, penchés sur la rivière
Contemplent,
longuement, ses flots ensanglantés...
Disparus ces
reflets d'une nouvelle aurore
Recevant, du
soleil, l'éclairage indirect
L'horizon du
couchant pâlit, mais jette encore
Sa diffuse
clarté sur la sombre forêt.
Un voile
vaporeux flotte sur la montagne
Formant un écran
rose par de-là les bois noirs
Une douce
fraîcheur inonde la campagne
Quand un souffle
léger enfle les bruits du soir.
Écoutons l'Angélus retentir au village
Sa voix chante
la paix des célestes concerts
Conduisant les
bouviers avec leurs attelages
Sur la voie du
retour, quittant leurs champs déserts.
Tous ces chars
cahotants, bercés par les ornières
Écrasent
bruyamment le gravier du chemin
Les grands
boeufs attelés songent à leur manière,
Au repos qu'ils
prendront, bientôt, jusqu' à demain.
Les troupeaux de brebis et de vaches
laitières,
A l'appel des
bergers, regagnent le hameau,
Ils suivent les
sentiers au milieu des bruyères
Effeuillant, au
passage, un opulent rameau
Le joyeux
rossignol chante sous la charmille
La fauvette
s'ébat, toujours dans les buissons
Afin de
rassasier sa nombreuse famille
Et la perdrix
caquette, encor, dans les moissons;
La grenouille coasse près des eaux insalubres,
Le ver luisant
s'allume au bord du vieux chemin
Parfois un
chat-huant jette son cri lugubre
Comme un signal
d'alarme aux confrères voisins.
La puissante
rumeur qui monte de la plaine,
Annonce des
grillons, la nocturne chanson
Et la brise du
soir répond sa tiède haleine,
Embaumé du
parfum exquis des fenaisons.
Maintenant, du
tableau, s'est obscurcie la toile,
Et des travaux
humains s'est effacé le bruit;
Au sein de
l'Univers, les premières étoiles
Percent
discrètement le voile de la nuit.
Et moi, je songe
alors, à d'autres crépuscules,
A ceux de mon
enfance, à ceux qui vont venir,
Ils passent et
s'enfuient comme des libellules,
Mais raniment,
en nous, de profonds souvenirs.
Dans le rêve, attardé,
je dois songer encore
Au dernier et
grand soir de chacun des mortels,
Où le soleil
s'en va, mais amène l' Aurore
Qui, sur nous,
versera ses rayons éternels.
Vision méditeranéenne (Jean-Marie Mercadier , 23 mars 1950 )
Ô, merveilleux
pays aux rochers de porphyre,
Battus ou
caressés par les flots de cristal,
Ô, grands pins
odorants où chante le zéphyre,
Vous êtes un
reflet de l'Eden oriental !
Berceau d'un
peuple heureux qui, la gaîté respire
Et la traduit si
bien par son beau carnaval :
De Cannes à
Menton, les foules en délire
Mènent, avec des
fleurs, un grand combat naval.
Ô, riche
littoral dont les étroites plaines
Et les maigres
coteaux, cultivés avec art,
Offrent à nos
regards des jardins enchanteurs;
Et vous, petites
îles, de la terre prochaines,
Où le vieux
monastère, en forme de rempart,
Accueille à bras
ouverts les calmes visiteurs;
Je n'ai de vous,
encor, qu'une vision lointaine !
Il me semble,
pourtant, habiter quelque part
Dans la belle région
des orangers en fleur.
Les bienfaits
de l'été (Jean-Marie Mercadier, 1961)
Après avoir
fleuri les coteaux et la plaine,
Le printemps
s'est enfui vers d'autres horizons,
Et l'été,
généreux de ses chaudes haleines,
Nous permet de cueillir nos fruits et nos moissons.
Il dépouille
l'agneau de son manteau de laine,
Verse le pur
froment dans nos humbles maisons,
Il mûrit le
raisin des vendanges prochaines,
Et fait toujours
chanter fillettes et garçons.
Oui, jeunes au
coeur pur, chantez la joie de vivre!
Mais gardez en
votre âme, un parfait équilibre,
Sur les sables
mouvants où la vie nous attend!
Soyons heureux,
nous tous, et faisons que renaissent,
En nos coeurs
attiédis, la lointaine jeunesse,
La chaleur de
l'été, la douceur du printemps!
Les croix de
nos villages (Germaine Mercadier, 1995)
Croix de Notre
Village
Croix de bords
de routes
Croix de
Carrefours ou Croix dissimulées dans la Verdure...Croix de pierres, Croix de
grès, Croix de fonte ou Croix en fer forgé...
Croix du Presbytère,
Croix d' Alric, Croix du Ravelin, Croix du château,
Croix de la Cave, Croix de Bournazel, Croix de l' Église, Croix de la
Rivière, Grand Christ de Nazarette, Croix de Cargomiech et Croix
du Couvent...
Croix du Ségalar, Croix de Laguarrigue ; puis
en prenant le chemin qui conduit vers le "
Clot d' el Rey " et ensuite, se dirigeant
vers le chemin de Saulieu, et à la Croix de ce hameau...
Croix du Baladas
et Croix de Notre-Dame d' Aussevaysse...
Puis à l' opposé, à nouveau, Croix du Ségalar
, Croix du Carrefour et Croix des Landes...
Elles sont là
ces Croix !
Témoins du temps
passé...
Témoins de la
Foi de nos aïeux
Elles ont vu
passer bien des générations de fidèles...
Tout d' abord,
le jour de Pâques, après les Vêpres (d' après une coutume de
la paroisse) une procession avait
lieu et on se rendait sur la place des marronniers et l'on passait devant le
Grand Christ.
Puis le 25
avril, fête de Saint Marc, la procession se faisait en partant de l'Église vers
la Croix de la Rivière et on passait à nouveau devant le Grand Christ de la
place et à nouveau, à la Croix d' Alric, la Croix de Cargomiech et enfin à la Croix du Couvent...
Puis arrivaient
les processions des Rogations, où pendant trois jours avant la fête de
l'Ascension, on partait de l' Église, et l'on se
rendait tantôt vers le Ségalar, tantôt vers le
Baladas et le troisième jour on faisait le tour du village.
En ces jours-là,
le Prêtre bénissait les Champs, et par
des prières demandait les grâces nécessaires afin que les habitants du pays,
obtiennent de bonnes récoltes...
Et le Lundi de
la Pentecôte on se rendait à la Croix de Notre Dame d' Aussevaysse.
Puis venait la Fête-Dieu où les gens de chaque quartier mettaient tous
leurs efforts pour garnir et
décorer ces croix
et les fleurir alors
que des mains habiles savaient
les habiller pour en faire de magnifiques reposoirs... et ce jour-là on
montait jusque sur la place du Ravelin, comme pour l' Ascension...
Et de nouveau,
le Dimanche du Sacré-Cœur une
procession avait lieu sur la place des
marronniers...
Puis enfin le 15
août avait lieu aussi une autre procession sur cette même place et à nouveau
passait le Grand Christ...
Elles ont vu
aussi passer des communiants...
Puissent-elles,
ces Croix, ramener les égarés et les indifférents vers le vrai chemin; et aux
jeunes à l'aube de l' an 2000, leur inspirer cette devise que nous lisions ou
que nous entonnions au cours de notre
enfance
" Par ce
signe, tu Vaincras "
------------------------------------------------------------------------------------------
Accueil – Projet site Web
– Liens – Plan de site – Contact - Auteurs