Aperçu de la vie religieuse à MILHARS de 1881 à 1980
Nous avons peu de précisions concernant l’érection de la paroisse de Milhars ni sur la construction de l’église. Du point de vue de l’organisation religieuse, la paroisse a toujours fait partie du diocèse d’Albi.
En 1235 Raymond de GARNIERI, clerc du diocèse d’Albi prend possession de la cure et RAINOLD lui succède en 1258. On croit que l’église a été commencée à cette époque.
La paroisse de Milhars comprenait dans son territoire l’annexe de Montrozier, l’annexe de St Amand en face de Féneyrols, le petit prieuré d’Aussevaysse ces deux derniers emplacements ayant disparus avec les travaux de construction du chemin de fer entre 1850 et 1860. St Projet à Larroque était une paroisse sur la commune de Ratayrens et qui desservait les habitants de ce lieu et Saulieu; c’était une dépendance du doyenné de Varen. Quant à la chapelle de la Madeleine dans BONNAN nous n’avons aucune information si ce n’est qu’elle était signalée en 1642 sur une carte du diocèse d’Albi. Elle fut démolie peu après la Révolution.
Ayant eu l’opportunité de prendre connaissance d’un registre au presbytère de l’église de Milhars, portant sur l’essentiel de la vie paroissiale, nous allons en relater certains faits qui se situent lors de la présence à la cure de 9 prêtres durant les années 1881 à nos jours, soit sur un peu plus de 100 ans.
Le cadre de cette activité se situe évidemment dans l’église que nous connaissons aujourd’hui, qui porte le nom de Saint Pierre aux Liens et se trouve un peu éloignée du vieux village en direction de Cordes. Le choix de Saint Pierre, voyageur lui-même et patron des voyageurs aurait-il été voulu quand on sait que Milhars a toujours été un lieu de communications avec gués ?
De style gothique, cette église du XII° ou XIII° siècle était selon une description faite en 1906, église curiale, avant la Révolution. Elle a une nef et un choeur à chevet droit, voûtés à arrêtes d’ogive avec doubleaux reposant sur des colonnes sans chapiteau et à base peu développée. Elle présente des bas-côtés formés probablement par la démolition des murs lors de la construction des chapelles.
La première du côté de l’évangile était la chapelle du Seigneur qui y avait sa sépulture. ( Antoine de CAZILLAC meurt à LYON en octobre 1541 et son corps fut apporté à Milhars où il fut enseveli.). Une belle tombe s’y trouvait au XIX° siècle mais elle a été remplacée par une plaque de marbre poli placée dans le choeur derrière le tabernacle. Cette chapelle seigneuriale a conservé sa voûte à lierres et tierçons (palmipède, tête de bélier et peut être sirène). Près de l’autel se trouve une très belle statue de la vierge qui pourrait provenir de l’ancienne église d’ AUSSEVAYSSE.
Vers 1824 - 1825, la porte d’entrée placée initialement à la chapelle des anciens fonds baptismaux, est déplacée à l’endroit où elle se trouve actuellement, c’est à dire au fond de l’église sous le clocher.
En 1841 est construit une chapelle du côté de l’épître et on perce les murs de séparation ce qui donne à l’église des bas-côtés d’inégales longueurs.
En 1858 on régularise le bas-côté de l’évangile en ajoutant une troisième chapelle au niveau des fonds baptismaux actuels.
En 1884 le clocher est reconstruit comme nous pouvons le voir aujourd’hui.
Le dallage au sol est réalisé en 1889.
Les vitraux dans les bas-côtés sont posés en 1898.
Cette église, telle que nous la trouvons aujourd’hui est l’aboutissement de nombreuses transformations effectuées durant les siècles passés.
Les prêtres qui servent la paroisse de Milhars résident au presbytère tout proche, dans une demeure agréable en bordure de la route avec un jardin d’agrément et un potager avec son puits (aujourd’hui emplacement du parking). Le presbytère fut bien communal en 1906 et en 1978 il fut transformé en logements à la location par la commune. Les prêtres y vivaient assistés d’une gouvernante ou d’un parent, au contact d’une population avec laquelle ils avaient les meilleurs rapports. Ils assuraient un ministère toujours apprécié ainsi que l’éducation et l’instruction religieuse des enfants.
Nous avons relevé le passage des abbés :
Le curé de
Milhars, Pierre Charles LAMOTHE refuse de prêter serment à la constitution
civile du clergé et est incarcéré du 20 juin 1792 au 23 septembre 1794. Il
reviendra dans sa paroisse et se soumettra aux lois de la république en se
tenant tranquille et paisible. Le vicaire VALETTE avait prêté serment en avril
1791. Le curé de la paroisse de Saint Projet ( Ratayrens), FRAYSSINE, avait
prêté serment, puis s’était rétracté et avait émigré. ( Il est à noter que la
plupart des prêtres du département du Tarn refusèrent de prêter serment à la
constitution civile du clergé et furent catalogués de
« réfractaires »).
Abbé
VIGUIER 1858 à 1866
A. BRUGUIERE 1866 à 1881
Prosper THIERS de 1881 à 1902
LACROUS de 1902 à 1906
O. ANDRE de 1906 à 1922, inhumé dans le cimetière derrière le choeur
CAVAILLE de 1922 à 1942, inhumé dans le cimetière à côté d’O. ANDRE.
Pierre ASSIER de 1942 à 1950
MARTIEL de 1950 à 1963
ALBERGE de 1963 à 1980
Depuis 1977 il n’y a plus de prêtre résidant à Milhars, les services et cérémonies sont assurés par les prêtres d’une équipe sacerdotale se trouvant à Cordes.
Il est mentionné dans l’inventaire de 1881:
Dans le sanctuaire un vieux rétable, le tableau du milieu ayant disparu pour faire place à des vitraux vers 1882. On trouve le Sacré Coeur avec Marie à sa droite et St Joseph à sa gauche; puis sur les côtés à droite St Pierre aux liens et sur la gauche le Christ sauveur du monde. En haut un groupe sculpté représentent la Vierge et St Joseph. Le rétable est couronné par une représentation de Dieu le Père bénissant de sa main droite et portant le monde dans sa main gauche.
L’autel est bâti plâtré et peint, le gradin, le tabernacle, la plaque de derrière, la corniche sont en marbre, six chandeliers en cuivre vieux mais bien conservés, une paire de girandoles en cuivre à trois branches, une grande croix dans le tabernacle, six flûtes pour les chandeliers, deux statues en terre cuite peintes en blanc avec leur socle, l’une représentant St Pierre l’autre Ste Madeleine, deux petites crédences en marbre blanc et quatre girandoles pour ces statue sont à la sacristie.
On trouve aussi un vieux siège pour l’instituteur, neuf bancs pour les enfants, six tabourets pour les clercs, cinq chaises pour les fabriciens et une table de communion en fer forgé bronzé et doré.
Dans la nef une chaire en bois et marbre pour la prédication, un lustre mi-gothique en cristal et cuivre vernis, un lustre antique précieux en cuivre jaune doré et auquel il manque quelques branches, représentant le martyre de St Sébastien, un tableau du chemin de le croix colorié sous verre avec cadre doré, huit statues ou groupes, 1 bénitier en pierre. Le 26 janvier 1889 le conseil de fabrique décide que le sanctuaire aura un revêtement en ciment et la nef recevra un dallage en brique de Cahusac grace au leg de Marie SOULIE en 1888.
Pour ce qui concerne le lustre en cuivre, cette oeuvre se date approximativement vers la fin de l’âge gothique au milieu du XVI° siècle et pourrait être un ex-voto à St Sébastien dont il représente le martyre, au lendemain de quelque épidémie conjurée. La ferveur populaire au Moyen-Age implorait la protection de Saint Sébastien contre la peste.
Les pestes successives alimentent la piété publique. Plusieurs vagues venues de la vallée de la Garonne frappent l’Albigeois de 1587 à 1593, de 1628 à 1632 et de 1653 à 1654. La peste de MARSEILLE en 1720 causa une grande frayeur. Les communautés multiplient alors les voeux et on fait appel à l’intercession de la Vierge, de Saint Roch, de Saint Sébastien.
Ce lustre est composé de deux plateaux réunis par des faisceaux de tringles. Le plateau inférieur formant base, est modulé comme le culot d’une tourelle d’angle et se termine par une sorte de clef pendante ornée de feuilles de chardon. I la deux rangs de girandoles avec pinacles, fleurons, crochets, chardons,...
Le plateau supérieur a la forme d’un dais et il est surmonté d’une Madone couronnée, tenant l’enfant Jésus sur le bras gauche, les pieds posés sur le croissant lunaire et la tête entourée de rayons flamboyants.
Dans l’édicule central est représenté Saint Sébastien nu, lié à un tronc d’arbre qui n’est autre que l’axe du lustre reliant les deux plateaux. Au point de disjonction des grandes girandoles du plateau inférieur, trois personnages bandent leur arc s’apprêtant à percer St Sébastien de flèches, trois autres brandissent des massues. Cette scène évoque le martyr de St Sébastien qui fut d’abord exposé aux flèches d’archers et qui ayant résisté, fut assommé à coups de massues. Les bourreaux sont ici de sveltes guerriers habillés comme sous Charles VIII et Louis XII. (fin XVème siècle)
La transmission orale prétend que ce lustre aurait appartenu au château de Milhars. Il ne saurait s’agir du château actuel construit en 1631 mais d’un plus vieux aujourd’hui démoli.
En 1919 au cours de la visite paroissiale, l’archevêque bénit les statues de Ste Germaine et de Ste Philomène.
C’est le 28 novembre 1920 qu’est érigé et béni par le Vicaire Général FABRE, le chemin de croix toujours en place.
En 1898 sont posés plusieurs
vitraux :
Ce sont ceux dans les deux bas-côtés des chapelles Notre Dame et St Joseph.
Puis les 6 vitraux des bas-côtés réalisés et posés par Mr St BLANCA peintre verrier à Toulouse en 1898 pour le prix de 480frs.
Dans le bas-côté gauche vers la chapelle Notre Dame nous trouvons la vierge Marie - don de la famille Bonnafous -, Ste Thérèse - don de la famille Vilaret -, Jeanne d’Arc - don de l’abbé Vilagnier - en août 1898.
Les 3 autres vitraux dans le bas-côté droit vers la chapelle St Joseph représentent St Augustin - don de la famille Bonnafous -, St Ignace ou St Antoine de Padoue - don de la famille Tabarly et St Blanca.
Dans le bas-côté gauche, la chapelle Notre-Dame ou chapelle seigneuriale se trouvent un vieux retable à colonnes, un vieux tableau représentant Notre Dame du Rosaire et Saint Simon Stock ( fondateur et général des Carmes et décédé à Bordeaux en 1265) recevant le scapulaire, une statue de la Vierge Immaculée en carton, pierre et dorée sur son socle en terre cuite; un autel et tabernacle en marbre avec deux crédences en marbre, une petite croix, quatre chandeliers neufs en cuivre doré avec leurs flûtes, deux girandoles à deux branches en cuivre doré, des deux côtés sur le prolongement du retable se trouvent deux statues l’une de Philomène (avec l’ancre) et l’autre de Ste Germaine (bergère) avec leurs supports en terre cuite.
Dans le tabernacle trois reliquaires avec reliques. Aux statues on trouvait deux paires de boucles d’oreilles vendues en 1891 ainsi qu’un collier en or, pour 40frs par l’abbé Thiers pour l’achat de la bannière de la congrégation.
Elle fut longtemps appelée la chapelle du Seigneur en l’honneur du généreux donateur qui permit la construction de l’édifice et qui y avait sa sépulture. Une pierre tombale s’y trouvait encore au XIXème siècle mais elle a été remplacée par une plaque de marbre polie et disposée dans le choeur, derrière le tabernacle.
Cette chapelle a conservé sa voûte à liernes et tiercerons ainsi que sa fenêtre gothique à arcatures trilobées et à remplage flamboyant ajouré de motifs tels que soufflets, occuli et triangles curvilignes.
Près de la niche surmontée d’un arc en accolade et ornée de bâton écôté (motif que l’on retrouve dans le Rouergue) se tient une vierge dorée qui pourrait provenir de l’ancienne église d’Aussevaysse qui au XIIIème siècle appartenait aux Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem de Raissac et aux templiers de Vaour avant leur suppression.
Entre la chapelle seigneuriale, devenue chapelle Notre-Dame, et le choeur on peut remarquer les culs de lampe qui reçoivent les arcs ogifs et figurant tantôt une tête de bélier, tantôt un palmipède ou une sirène.
Le vitrail, don de la famille ROUMIGUIERES (anciens propriétaires du château de 1889 à 1920 ), présente Notre Dame de LOURDES, avec en arrière fond le château de MILHARS avant la démolition de la tour carrée en 1882.
Dans le bas-côté droit, la chapelle Saint Joseph, un autel et tabernacle en marbre, une statue de St Joseph en terre cuite polychromée, un tableau du XVIIIème siècle représentant Saint Roch, quatre chandeliers neufs en cuivre doré avec leurs flûtes, deux petites crédences en marbre, deux statues avec support en terre cuite de Saint Antoine et Saint Roch, quatre reliquaires avec reliques.
Les fonds baptismaux.
Il en existe deux:
- l’un du côté de la chaire en pierre avec cuvette en cuivre dans le bas-côté de la chapelle Saint Joseph prés du clocher, là où se trouvait la porte d’accès à l’église murée depuis plusieurs décennies probablement en 1824-1825.
- l’autre en marbre et cuivre avec trois groupes de statues et support protégé par une grille en bois peint dans le bas-côté de la chapelle Notre Dame.
Le clocher où se trouve une horloge sans mouvement et trois cloches dédiées à:
- Saint Pierre donnant le ton du ‘la’
- Marie Immaculée donnant le ton du ’do’
- Sainte Philomène et Sainte Germaine donnant le ton du ‘fa’ au dessus.
La plus ancienne porte ces inscriptions « St Pierre de Milhars sous le consulat des sieurs Ravailhe, Hébrard, Lafond et Marty 1758 Petrus Carolus Lamothe Rector, j, b, Soyer (fondeur de Rodez) ». Cette cloche a été classée Monument Historique au titre d’objet le 20/09/1943. Bronze de 76cm de hauteur et 84cm de diamètre.
Cet inventaire dont nous avons retenu certains des éléments le constituant et qui nous paraissent significatifs de l’époque par son austère précision, a été établi et signé en 1882 par l’abbé Thiers et co-signé par Mrs Lafond, Cabrillac, Ardourel et Bonnafous du Conseil de Fabrique.
Le Président du conseil de fabrique signale lors de la séance du 20 mai 1883 que la tour de l’église a besoin de réparation et qu’il serait bon de l’élever et de la terminer par une flèche en ardoise en rapport avec l’édifice.
Les travaux sont entrepris en septembre 1884 et 4 rosaces sont prévues en supplément ainsi que divers renforts devant consolider l’ensemble.
Le clocher se présente alors avec une flèche à 8 pans couvert en ardoise avec une croix de 2 m et de 86 kg, une boule de zinc et un escalier de 33 marches. Les travaux seront adjugés à Auguste FABRE, charpentier à Féneyrols.
Une nouvelle couverture du clocher toujours en ardoise a été refaite en 1993 par Christian Lavayre de Pampelonne.
Il y a dans le clocher une horloge au mécanisme très ancien en fer forgé et en bois probablement antérieur à la révolution et qui sonnait les heures dans les années 80.
Une visite épiscopale :
Le 9 mai 1883 visite pastorale d’Etienne Emile BALADIER Archevêque d’Albi. Voici pour l’essentiel ce qui est relaté concernant cette visite :
« Après avoir visité pour la deuxième fois l’église paroissiale de Milhars, nous y avions convoqué les paroisses de Montrozier et du Riols et le nombre de fidèles accourus s’y est trouvé considérable ce qui nous a causé une grande satisfaction.
C’est vraiment un beau spectacle, par les affreux temps que nous fait l’impiété, que celui que nous donne nos populations, même les plus travaillées par nos ennemis, en accourant avec tant d’empressement à la voix et aux bénédictions de l’Evêque catholique. Cela nous le constatons surtout dans notre diocèse et nous aimons à le confirmer dans nos procès-verbaux des visites pastorales.
Evidemment la lutte engagée par les puissants de la libre pensée, tous oppresseurs de la liberté religieuse, est terrible et revêt les caractères d’une habileté exceptionnellement satanique; mais la besogne de ces habiles pervertisseurs est encore loin de toucher au succès, nous espérons bien que nos chers diocésains dociles à la direction de leur évêque et aux soins de leurs sages et zélés pasteurs paroissiaux, se montreront rebelles aux mauvaises influences qui s’agitent et demeureront fermes dans la foi »
Une messe est dite à 8h30 dans un parfait recueillement. Au cours de l’office il est rappelé :
« il y a peu de temps l’église de Milhars a été le théâtre d’une abominable profanation. Le St tabernacle a été pillé par des mains sacrilèges et la Sainte Eucharistie enlevée; nous avons profité de cette lamentable circonstance pour présenter sous leur vrai jour, les effets de l’enseignement athée que l’on s’applique de nos jours à vulgariser ». (Dans la nuit du 8 au 9 janvier 1883 un vol est commis dans l’église et disparaissent un calice dont la coupe est en argent, un ciboire en argent, une custode en argent, une lunule en argent doré. Le 21 janvier toutes les serrures sont changées et un grillage en fer est placé derrière le vitrail de l’église. En février tous les objets du culte volés sont remplacés.)
De nombreuses visites de l’archevêque d’Albi à Milhars ont été enregistrées puisque entre 1881 et 1946 il a été dénombré 17 visites. A quand la prochaine ?
Le coutumier de la paroisse est
ainsi établi :
Tous les jours chapelet au début de la nuit sous la conduite d’une religieuse ou d’un pensionnaire du couvent; la prière étant dite par le Curé.
Le Dimanche messe à 6 heures du début avril à la fin septembre et à 6h30 de septembre à la Toussaint
Grand messe à 10h excepté le Dimanche des Rameaux à 9h45 où il y a procession.
Il y a procession aussi les jours de Pâques, de la St Marc, des Rogations, de l’Ascension, du lundi de Pentecôte, de la fête Dieu, du 15 Août, de Noël (sauf si le froid ou la pluie s’y oppose).
La bénédiction des bestiaux a lieu le 16 Août à 5 h du matin, on sonne la cloche 15mn à l’avance, avec le parcours de l’église à la mairie.
La vénération des reliques de St Roch est à 7h.
Les processions partaient de l’église, prenaient la route nationale jusqu’à la place de la mairie où se trouve un crucifix sur un socle de pierre, monument édifié pour commémorer le voeu de Louis XIII qui mettait la France sous la protection de Marie s’il avait un fils; ce fut le futur Louis XIV. Le retour s’effectue par le même parcours accompagné par le son des cloches qui battent à toutes volées.
Les reliquaires :
On en compte 7 qui sont les reliques de Ste Germaine, Ste Philomène, Ste Madeleine, St Pierre, St Antoine, St Roch, St Joseph et le voile de la Ste Vierge.
Dévotion des mois :
Le mois de mars est dévoué à St Joseph, de mai à Marie, de juin au Sacré Coeur, de novembre aux âmes du purgatoire. Durant la semaine des cérémonies ont lieu le jeudi le vendredi et le samedi.
Le fermage des chaises :
Suivant un bail à déterminer, la location des chaises disponibles à l’intérieur de l’église procède d’un marché passé avec un particulier, suivant certains engagements pris avec le Conseil de Fabrique. Ce fermage, ainsi appelé, est aux enchères et donne lieu à un contrat. Dans celui établi le 31 décembre 1882, pour une concession de 3 ans moyennant la somme de 482Frs, passé avec Jean BOURNAZEL qui présente son frère Bernard pour caution, il est prescrit au cahier des charges qui mentionne 14 articles...
- l’abonnement par an est de 1,25 frs. la chaise fixe, 1 frs. la chaise volante, 0,50 frs le banc.
- pour un non abonné la chaise est de 0,05frs. pour chaque office.
- les domestiques ne peuvent occuper la place des maîtres.
- l’adjudicataire doit s’assurer que les chaises ne sortent pas de l’église, sont rangées après l’office, que les hommes ne se placent pas avec les femmes et réciproquement sauf dans les 2 ou 3 derniers rangs; il est précisé que cet abus qui existe depuis bien longtemps doit être limité.
- il n’y a pas de paiement pour les fabriciens, les religieux, l’instituteur, les marguilliers, les chantres, le garde champêtre, le crieur public, le carillonneur, la domestique du curé.
En janvier 1906 le prix de location des chaises n’avait pas changé et dans les années 1930 une 2ème quête était faite aux offices pour l’entretien et la réparation des chaises sans fixation de tarif.
La loi sur les associations du 1er juillet 1901 subordonne l’existence des congrégations religieuses à une autorisation déposée par les ordres religieux sur leur territoire. La politique anticléricale de la 3ème république atteint alors son point culminant sous le ministère Combes, lui même ancien séminariste de 1902 à 1905.
Puis la loi de du 9 décembre 1905 abroge le concordat du 16 juillet 1801; il en résulte la suppression du budget du culte et l’interdiction faite aux municipalités d’allouer un traitement aux ministres du culte. Les biens meubles et immeubles doivent être gérés par des associations culturelles et si ces associations n’étaient pas créées dans un délai d’un an, ces biens seraient confisqués par l’état.
Le pape PIE X ayant interdit au clergé et aux catholiques de participer à la formation de ces associations culturelles, celles-ci ne virent pas le jour et le délai d’un an passé, l’administration entreprit de faire l’inventaire des biens d’Eglise en vue de leur confiscation en utilisant la force si nécessaire. A Milhars un certain flottement se remarque dans le conseil de Fabrique et des démissions sont données comme celles de MM Bonnafous, Sudres; d’autres y font leur entrée.
En cette fin de 1906 se termine la gestion des biens de l’Eglise, immeubles et meubles, par les catholiques eux-mêmes. Un inventaire est établit et tous les biens en reviennent à la commune.
Après la séparation de l’Eglise et de l’Etat, un conseil paroissial est créé le 16 août 1907 pour seconder le curé dans la gestion des affaires de l’Eglise.
Monuments aux morts.
Puis en 1914 éclate la guerre franco-allemande qui saignera de nombreuses communes de France et plus particulièrement Milhars. Il y a inscrit sur un monument dans le cimetière et sur une plaque scellée dans la nef de l’Eglise, les noms de ceux qui donnèrent leurs jeunes vies pour la France dans les combats sur les frontières de l’Est, du Nord et en Orient. 19 noms sont mentionnés sur la plaque face à la chaire dans l’église et 16 sur le monument élevé dans le cimetière.
Pourquoi cette différence ?
- GUY Louis qui est sur la plaque dans l’église est né à LAFOUILLADE et mort le 25 janvier 1917 dans les Dardanelles. Il était cousin germain de GUY Augustin, né à Milhars et mort le 22 Août 1914 à LUNEVILLE.
- GIMELAC Arthur est sur la plaque dans l’église et est né à ALBI et mort le 8 Décembre 1918 à Beaugency. Il était cousin germain de GIMELAC Gabriel né à Milhars et mort le 10 avril 1915 dans la Marne.
La paroisse de Milhars a ainsi voulu associer sur la plaque à l’intérieur de l’église un deuxième membre des familles GUY et GIMELAC afin de leur rendre hommage.
ANDRIEU Jean-Marie Auguste est sur la plaque dans l’église et est né à Milhars le 12 novembre 1887 et mort le 13 octobre 1918 à Mechede en Allemagne. Mais il a épousé le 27 Mai 1911 à Roussayrolles où il était cultivateur, Augustine MAFFRE. Le dernier domicile connu étant ROUSSAYROLLES, c’est normalement que par le Directeur du Service Général du Ministère de la Guerre l’acte de décès parvenu d’Allemagne a été transcrit à la Mairie de Roussayrolles avec la mention « Mort pour la France ». La Mairie de Milhars n’a pas été informé de ce décès. C’est ainsi que Auguste ANDRIEU figure sur le monument aux morts de Roussayrolles et ne figure pas sur celui de Milhars comme il figure sur la plaque de l’église.
Trois noms de « morts pour la France » sont mal orthographiés sur le monument du cimetière alors qu’ils le sont correctement sur la plaque dans l’église :
MONTCERE s’écrit MONCERE
ROUX Urbain s’écrit ROUS Urbain qui figure aussi sur le monument aux morts de Roussayrolles.
VALLETE René s’écrit VALETTE René Il était natif de Capdenac et est décédé à Wiesbaden en Allemagne le 15/11/1919 après la fin de la guerre. Il n’y a pas de fiche le concernant dans « mémoire des hommes ». Son père habitait Milhars au moment de son décès et René a été reconnu comme enfant adoptif de Milhars et mort pour la France des suites de la guerre.
Le 20 avril 1931 la paroisse remercie Mgr CEZERAC en visite à Milhars pour la libéralité avec laquelle l’Evêché a bien voulu aider à réparer les dommages que l’inondation de 1930 avait apporté à l’église, au presbytère et à certains domaine particuliers de la paroisse et du district. De par cette générosité et des dons complémentaires, il a pu être édifié une nouvelle sacristie faisant pendant à l’ancienne, refaire les peintures délabrées du sanctuaire et les plâtres boursouflés des bas-côtés de l’église.
Le 15 juin 1932 une trombe d’eau s’abat sur les pitons qui dominent au sud-ouest de Milhars, un torrent dévale du ravin de Combe Raval et se déverse tout naturellement dans le passage amenant à l’église, faute d’ouvrage suffisant pour le détourner au Cerou. L’eau monte rapidement à 80 cm au-dessus du sol et eut bientôt fait de s’infiltrer dans la nef, de pénétrer dans le sanctuaire et les sacristies.
En mai 1940 le 371ème régiment d’artillerie lourde est stationné en gare de Lexos coupant toutes les communications entre Capdenac et Toulouse pendant plusieurs semaines. Le presbytère est occupé par des aumôniers militaires. Milhars se trouve dans la zone dite libre de toute occupation allemande jusqu’en novembre 1942.
A son dernier prêtre installé à la cure de Milhars, les paroissiens sachant très bien qu’ils perdaient leur dernier résidant, offrirent un voyage en terre Sainte à l’abbé ALBERGE, lui assurant ainsi d’une façon spirituelle un témoignage de reconnaissance qui, certainement, englobait tous ses prédécesseurs et cela depuis des siècles.
De par l’autorité de la loi de 1907, la collectivité doit entretenir, pour les conserver, ces lieux qu’il s’est volontairement attribué, se substituant à l’initiative d’une population locale existante et pratiquante.
A ce titre, en 1999, la municipalité a fait refaire toute l’installation électrique intérieure et fait installer un nouvel éclairage. L’agrandissement du cimetière a été entrepris sur une partie de l’ancien potager du presbytère avec un accès direct depuis le seuil d’entrée dans l’église. L’autre partie a été aménagée pour le stationnement.
Enfin c’est l’association MIRS (Milhars Rivières et Sites ) qui assure l’éclairage du clocher de l’église paroissiale depuis 1996.
Le passé de Milhars n’est donc pas sans grandeur, les dimensions de l’église en attesteraient au besoin, les oeuvres y étaient nombreuses, à côté de l’hospice dont l’existence est prouvée par l’attribution régulière de legs, à côté d’une maladrerie souvent mentionnée par certains actes (du côté du Ségalar en bordure du Cérou et en face de la source des lépreux). Il y eut des confréries nombreuses preuve d’une pratique religieuse généralisée; les plus anciennes de ces confréries, celles du St Sacrement et du Rosaire, puis celle de Notre Dame des Victoires et d’autres encore.
Aujourd’hui toutes ces confréries sont depuis longtemps sans confrère.
Nous rappellerons un propos de l’abbé MARTIEL visitant un malade à qui il apportait la communion et voulant le réconforter, le rassurer, lui faire des compliments sur la façon dont il était soigné par ses enfants, le malade pour qui ce fut la dernière conversation lui dit :
« Comme mes enfants ont été élevés, ils sont restés ».
Eléments recueillis par la famille MARION
